L'évolution de la Société1

Nous avons créé une Société pyramidale dans laquelle l'argent est un critère majeur de hiérarchisation des personnes. Dans cette grande "Pyramide" (avec une majuscule), les plus riches ont accaparé et s'accaparent encore les richesses mondiales2. Ils sont admirés ou vilipendés tandis que les plus pauvres sont plaints dans le meilleur des cas ou rendus responsables de leur situation.

1 Société écrit avec une majuscule : les humains font Société du fait qu'ils ont développé les transports et les communications à l'échelle planétaire. 

2 "50,1% de la richesse mondiale aux mains de 1% de la population" - L'express.fr (17/11//2017)


Remontons aux origines de l'humanité pour comprendre comment nous en sommes arrivés là3. Quand les humains ont commencé à se sédentariser il a fallu organiser ces concentrations humaines. Des hommes ont assuré cette fonction (au détriment des femmes mais c'est un autre sujet) et ont pris goût au fait que l'exercice du pouvoir leur permettait d'obtenir des privilèges qui nourrissaient leur ego. Ils ont assuré l'administration de ces premières cités avec le consentement des populations. Il est rassurant pour nous, les humains, de nous en remettre à quelqu'un qui veille à notre sécurité car cela résonne avec notre expérience de petit enfant pris en charge par un adulte. Que cet adulte dysfonctionne par ailleurs n'y change pas grand chose au début pour l'enfant car il ne le voit pas. Il ne peut s'en rendre compte qu'en grandissant, si toutefois il ne met pas en place un mécanisme de défense visant à préserver ce lien de confiance confortable malgré tout.

Revenons aux premières cités du néolithique, les populations acceptaient donc de se mettre sous l'autorité de personnes ayant pris le pouvoir. Elles pouvaient travailler dur pour elles, jusqu'à déplacer d'énormes pierres, menhirs, dolmens, etc. Ce sont les traces les plus visibles de cette époque mais d'autres, plus discrètes, montrent que ces concentrations de pouvoir extrêmement importantes étaient régulièrement démantelées. L'hypothèse a été faite que lorsque la concentration de pouvoir et son corolaire l'injustice devenaient insupportables la population partait en migration. Elle créait une autre cité plus loin, etc. L'histoire n'a fait que répéter ce type de scénario à des échelles de plus en plus grandes au fur et à mesure que les moyens techniques permettaient de contrôler des territoires de plus en plus vastes et des populations de plus en plus importantes. Les religions monothéistes ont été un facteur de stabilisation de ces organisations politiques pyramidales en les légitimant tout en retirant des avantages. Quant à la monnaie, elle est vite devenue un outil au service de la domination des individus les uns sur les autres et au service du pouvoir politique pour prélever des impôts.

Ce type d'administration paternaliste a perduré non seulement parce qu'il réactive notre besoin archaïque d'être pris en charge, mais aussi parce qu'il s'appuie sur des personnes qui en tirent des bénéfices personnels. D'autres ne font que s'en accommoder, n'ayant connu que ce type de gouvernance pyramidale elles ne peuvent imaginer d'alternatives. Il y a toujours eu aussi des personnes pour s'opposer parfois violemment aux pouvoirs en place. Les organisations pyramidales sont le théâtre permanent d'affrontements. Ce sont parfois des guerres d'ego pour accéder à la jouissance des privilèges du pouvoir, parfois des révolutions pour remplacer le pouvoir par un autre censé être plus juste. Malheureusement l'histoire a montré que si les révolutions peuvent aboutir au remplacement des personnes au pouvoir elles remettent rarement en cause l'organisation politique pyramidale. Les nouveaux dirigeants prennent goût aux privilèges procurés par leur nouveau statut et finissent par perdre de vue leurs objectifs initiaux de justice. Ils s'appuient alors sur la force et sur des idéologies pour assoir leur place, brimer certaines catégories de population et réduire au silence toute contestation.

La planète est divisée en nations qui s'affrontent, militairement ou économiquement, tout en étant agitées intérieurement par de nombreux conflits. En France ce n'est plus une violence brute comme celle des deux guerres mondiales, de l'esclavagisme institutionnalisé ou des affrontements de classes de l'ère industrielle. C'est une violence plus sporadique, parfois insidieuse, mais qui envahit tout de même notre vie quotidienne. Elle semble se banaliser, y compris chez les jeunes. Avançons dans l'observation de la Société actuelle pour comprendre ce qui la sous-tend.

3 "Les dix millénaires oubliés qui ont fait l'histoire" de Jean-Paul DEMOULE  – Éditions Fayard 2019. 

La généralisation des organisations sociales pyramidales

La Pyramide est constituée d'organisations sociales plus ou moins importantes en taille, allant de la famille monoparentale aux organisations internationales, en passant par les écoles, les entreprises, les associations, les nations, etc. La majorité d'entre elles sont structurées de façon pyramidale.

Il existe des organisations hiérarchisées et pyramidales qui fonctionnent autrement. C'est le cas des corporations destinées à des missions spécifiques comme par exemple une compagnie de sapeurs-pompiers. La hiérarchie est acceptée car indispensable pour assurer la mission (sauver les personnes et les biens) et la compagnie fonctionne bien parce qu'il y a un lien de confiance entre tous. Pendant le temps de l'action les ordres (venant du haut de la pyramide) sont exécutés au mieux et sans discussion. Ensuite, lors du débriefing systématique, la base exprime ses difficultés et ses éventuelles propositions pour y remédier. La mission des sapeurs-pompiers faisant consensus, elle guide les décisions et les actions de chacun pour une meilleure efficacité tout évitant les risques inutiles.

Malheureusement ce n'est pas cette sorte d'organisation que nous avons développée. Dans la majorité de nos organisations sociales les personnes étant en haut ne se soucient pas, ou pas assez, des difficultés de celles qui sont en bas. Elles sont valorisées et ont des privilèges tandis que les personnes étant en bas sont dévalorisées et défavorisées. Cette inégalité de traitement peut donner envie de gravir les échelons de l'organisation, mais il y a structurellement moins de places à l'étage supérieur que de prétendants à vouloir y monter. Ce contexte génère de la compétition sociale et de la rivalité, souvent dissimulées par une apparente collaboration et une pseudo-bienveillance.

Au niveau de la grande Pyramide c'est la même chose, les plus riches ne se soucient pas ou peu des difficultés des plus pauvres. Ils s'investissent parfois dans des actions humanitaires mais sans remettre en cause l'injustice structurelle de la Pyramide, condamnant ainsi les plus démunis à rester dépendants de leur générosité. Ils tirent malgré cela des bénéfices narcissiques de leurs actions complaisamment médiatisées. Les critiques sont plus rares, moins médiatisées et elles ne déstabilisent pas la Pyramide. Les plus pauvres quant à eux doivent se contenter de vivre avec des aides, financières, alimentaires, vestimentaires, etc. Pour corriger cette injustice sociale il est souvent fait référence à l'ascenseur social. Dire qu'il fonctionne bien ou qu'il est en panne est une acceptation implicite de l'organisation pyramidale. Les personnes qui veulent légitimement améliorer leurs conditions de vie sont confrontées inévitablement à la compétition sociale. Il faut se faire sa place, c'est vrai à tous les niveaux de la Pyramide ainsi que dans les organisations sociales. Dans un tel contexte des parents pensent devoir "armer" leurs enfants pour la vie, ils les incitent à s'imposer, se faire valoir et masquer leurs faiblesses pour augmenter leurs chances de gravir des échelons.

La structure pyramidale des organisations sociales et de la Société est rarement remise en cause car elle est souvent perçue comme étant naturelle et inévitable. Il y a effectivement des organisations pyramidales chez les animaux mais elles fonctionnent différemment. Le dominant a des privilèges en contrepartie d'assurer la sécurité du groupe, alors que dans nos organisations pyramidales les décisions prises par les dominants visent à nourrir leur ego par la jouissance du pouvoir, de la notoriété et des privilèges associés. Autre différence, le dominant animal finira par être remplacé par un autre qui émergera du groupe parce qu'il sera plus à même d'assurer sa sécurité, alors que chez les humains les dominants ont leur place assurée à vie et la transmettent à leurs enfants.

Les humains se sont laissés piégés inconsciemment par leur ego, ce qui a gangrené toutes les activités humaines. Nous avons été conditionnés depuis des générations à la compétition sociale, les humains se sont hiérarchisés à partir de critères de richesse, de pouvoir, d'intelligence, de beauté et d'éloquence. Nombreux sont ceux qui ont voulu suivre le rythme effréné de l'évolution numérique, de la mode et des tendances pour "être quelqu'un" aux yeux des autres et même à leurs propres yeux ! Les agissements sous-tendus par l'ego ont poussé les humains à l'accumulation d'argent. La recherche de rentabilité financière s'est généralisée chez les actionnaires et chez la majorité des consommateurs. La consommation au moins cher est devenue la norme depuis plusieurs décennies pour tous les achats, objets, services et loisirs. Cette recherche du moindre coût est une question du survie pour les plus pauvres, mais elle sert aux autres à suivre le rythme effréné de la sur-consommation pour rester dans le coup. Des grands groupes d'intérêts privés maximisent leur profits en délocalisant leur production, et aussi grâce à l'augmentation du volume de leur ventes en répondant à la demande des consommateurs d'avoir tout au moindre prix. Ces pratiques ont alimenté un processus d'aspiration de l'argent vers le haut de la Pyramide, ce que nous pouvons représenter visuellement.

Dans un monde où l'argent est devenu roi, il n'y a rien d'étonnant à ce que les plus riches aient acquis de l'influence au point de supplanter les pouvoirs politiques nationaux. Ils créent des collusions d'intérêts avec les hommes politiques et exercent des pressions sur les incorruptibles. Ils peuvent attaquer les États en justice si ces derniers prennent des décisions qui nuisent à leurs intérêts. Les gouvernements, n'ayant plus les moyens de financer les services publics, cherchent de l'argent auprès de leurs populations. Si cette dynamique persiste dans la Pyramide, le fossé entre les très riches et les très pauvres continuera de se creuser et les classes moyennes s'appauvriront de plus en plus. Schématiquement cela revient à resserrer le haut de la Pyramide tout en élargissant sa base, en extrapolant nous arriverions à une Société en forme de "Chapeau de Merlin" dans laquelle il y aurait plus de pauvres.

Cette projection futuriste montre que les pouvoirs politiques et les classes moyennes restantes, pris en sandwich entre les très riches et les classes populaires, gèreront le mécontentement grandissant de la base. Les pouvoirs politiques auront de plus en plus de difficultés à justifier l'injustice et à maintenir de véritables régimes démocratiques, ce qui provoquera de plus en plus de violences, voire des révoltes. Ce scénario n'est pas irréaliste loin de là, c'est comme si nous étions déjà en train de le réaliser. Heureusement les humains ont la capacité de réfléchir, de tirer des leçons du passé, de se remettre en cause et de corriger leurs erreurs.

Rétablir de la justice sociale pour faire diminuer les violences

Que se passerait-il si nous réussissions à en prendre conscience qu'il nous faudrait maintenant agir guidés par nos exigences fondamentales de sens, de justice, de paix et d'amour ? 

Ces exigences fondamentales sont observables chez les enfants à partir du moment où ils commencent à maîtriser le langage. Dès ce jeune âge ils cherchent à comprendre ce qui se passe autour d'eux et posent des questions malheureusement souvent mal reçues par les adultes. Un enfant se faisant régulièrement rabrouer peut renoncer à vouloir comprendre ce qui se passe autour de lui. Il peut aussi se départir de son exigence de justice s'il est témoin d'injustices tout en constatant que les adultes s'en accommodent. Se détourner de son exigence de paix s'il vit dans un environnement tendu avec de nombreuses disputes. Il est rare qu'un enfant renonce à son exigence d'amour. C'est même souvent par amour pour ses parents et pour obtenir leur amour qu'il peut se soumettre à un mode éducatif trop autoritaire. Cet enfant grandit alors avec l'idée qu'aimer l'autre c'est lui céder. Quand les parents se mettent régulièrement en rivalité avec leur enfant pour le faire obéir, ils lui transmettent l'idée que dans la relation il y a un dominant et un dominé. L'enfant est au début à la place du dominé mais il apprend très vite à faire comme ses parents, à passer en force. Il insiste, crie, pleure, ment si nécessaire pour les faire céder à leur tour (en preuve d'amour). L'enfant s'habitue au rapport dominant-dominé et le met en œuvre avec tous les autres, frères, sœurs, copains, copines et les autres adultes. Il sera prédisposé à la compétition sociale, sauf dans le cas où il se serait installé durablement à la place du dominé.

En remettant nos exigences fondamentales au centre de nos vies, nous en ressentons un mieux-être immédiat et nous pacifions notre environnement social proche. Des personnes de plus en plus nombreuses le font, elles renoncent à la rivalité et à la compétition sociale et ne regrettent rien. C'est vrai à tous les échelons de la société, même les plus élevés. Celles qui en témoignent disent y avoir gagné quelque chose qui n'a pas de prix, l'accès à la joie. Cette émotion est impossible à ressentir au détriment de quelqu'un, donc impossible à ressentir dans le cadre d'une relation de rivalité (dans laquelle il y a toujours un dominé), impossible à ressentir quand notre réussite sociale se fait au détriment d'autres personnes. De plus la joie est amplifiée lorsqu'elle est partagée, elle participe de ce qui nous rend heureux. Voilà pourquoi il y a de plus en plus de personnes qui ré-orientent leur vie pour la mettre en cohérence avec leurs exigences fondamentales.

La généralisation de l'ancrage dans nos exigences fondamentales a des effets sur nos organisations sociales pyramidales. Les différences de salaires exorbitantes entre les personnes étant en haut et celles étant en bas sont perçues comme excessives et le mépris pour certaines tâches comme aberrant. Cette évolution des représentations devrait conduire logiquement à un ré-équilibrage des rémunérations. Les postes d'encadrements seraient moins prisés, l'exercice du pouvoir n'étant plus une jouissance mais une responsabilité. Dans le monde des entreprises, il y existe déjà des organisations qui vont dans ce sens, par exemples les Société Coopératives de Production (SCOP). Schématiquement tout cela revient à aplatir les pyramides sociales.

3  Le mot amour est à entendre au sens large de l'amour d'autrui qui fonde l'empathie.

Imaginons que les humains comprennent leur grave erreur et la corrige, ils infléchiraient alors la dynamique économico-politique. La sur-consommation au moindre coût diminuerait, de même que le processus d'aspiration de l'argent vers le haut. Nos nouveaux modes de consommation permettraient de créer de la richesse qui profiterait à tous. Schématiquement cela reviendrait à repousser les cotés de la Pyramide vers l'extérieur tout en l'aplatissant. En extrapolant, nous arriverions à une nouvelle structure d'organisation de Société, en forme de trapèze.

Cette illustration permet de penser que dans la Société, les écarts de revenus entre les plus riches et les plus pauvres pourraient être contenus dans des proportions raisonnables. Que les pouvoirs politiques pourraient ne plus être supplantés par des intérêts privés. Du fait qu'il y aurait plus de justice sociale il y aurait moins de violence, nous pourrions donc continuer à bonifier la Société.

Il existe un modèle d'organisation sociale compatible avec nos exigences fondamentales. Il a été inventé dans les années 70 par deux Australiens4 et peut se décliner à toutes les échelles. Le voici à l'échelle de la Société.

4 Bill MOLLISON et David HOLMGREN.

Dans ce modèle, la "Fleur", il n'y a pas de hiérarchisation. Aucun domaine de compétences n'est sur-valorisé puisqu'ils ont tous une place équivalente dans un pétale. Cela implique qu'il n'y a pas de compétences sur-valorisées non plus. Les capacités intellectuelles et d'éloquence de certains individus ne valent pas plus que les capacités de d'autres à construire quelque chose d'utile, de solide, de beau. Les personnes ne sont donc ni sur-valorisées ni dévalorisées. Les auteurs de ce modèle pensent que pour le faire advenir il serait nécessaire que chacun s'empare de ce qu'ils ont placé au centre, l'Éthique et les trois principes fondamentaux de la permaculture : prendre soin de la nature – prendre soin de l'humain – partager les richesses. Ils l'ont signifié par la flèche circulaire qui traverse tous les domaines.

Nous pouvons tous nous emparer de ces trois principes fondamentaux (soin à la nature, aux humains et partage des richesses), quelle que soit notre place dans la Société, même si nous avons été conditionnés à la rivalité, il suffit de le désirer. C‘est possible parce que ce désir est en cohérence avec nos quatre exigences fondamentales citées plus haut (sens, justice, paix et amour).

Nous sommes loin, très loin de ce type d'organisation, la Fleur. C'est une utopie, mais l'utopie a une utilité, elle peut nous aider à tendre vers ce qui fait sens pour nous, elle nous montre le chemin. Le simple fait de l'emprunter signifie que nous sommes en train de lâcher prise au niveau de la rivalité et de la compétition sociale. C'est sur ce  chemin que nous avons le plus de chances de relever le défi écologique. Nous pouvons inventer un mode de vie qui préserve les ressources naturelles, qui protège la bio-diversité ainsi que l'équilibre entre la production de gaz carbonique et sa régulation par la végétation. En mettant toute notre intelligence scientifique et technique au service de ce changement, il n'y a pas de raison de ne pas y arriver. Ce n'est pas uniquement l'affaire de nos scientifiques et ingénieurs, c'est la notre à nous tous. Pour commencer, il y a quelque chose de simple et concret que nous pouvons faire : ralentir. C'est une révolution dans nos esprits qui peut amorcer un grand changement. 

En ralentissant, nous réduisons de facto notre empreinte écologique, car c'est la futilité mais aussi l'accélération de l'activité humaine qui nous a mis face à l'urgence climatique.

Ralentir permet de trouver (de retrouver) des plaisirs oubliés. Le plaisir de prendre le temps de goûter les choses, le plaisir de l'attente joyeuse pour profiter pleinement d'un événement, le plaisir d'avoir le temps de bien faire ce que nous entreprenons, le plaisir d'accueillir un nouvel être sur terre, etc.

Ralentir permet aussi de prendre du temps pour réfléchir, discuter et prendre des décisions en nous assurant qu'elles sont en cohérence avec nos exigences fondamentales. Par exemple en mettant en œuvre la prise de décisions par consentement5 chaque fois que c'est possible. C'est un mode de prise de décision alternatif à l'unanimité (difficile à obtenir) et au vote (qui favorise les alliances, les rapports de force, les ego).

Ne sous-estimons pas le poids de nos changements individuels. Nous, les citoyens, avons plus de pouvoir que nous le pensons. Regardons ce qui s'est passé en France avec la demande de "Bio" qui s'est généralisée. Elle a été entendue par nos gouvernants, par tous les partis politiques ainsi que par les grands-groupes de l'agro-alimentaire. Ne soyons pas dupes pour autant, ils savent qu'ils doivent évoluer dans le sens de notre demande sans quoi ils seraient en danger. Alors exigeons haut et fort par nos paroles et nos actes non seulement du Bio mais aussi des lois et des pratiques commerciales éthiques et écologiquement responsables qui permettent à tous de vivre dignement de leur activité sans dépendre de la générosité des autres ni des aides sociales.

La seule urgence, à nos yeux, est de commencer à mettre nos actes en cohérence avec nos exigences fondamentales. Cela peut être en effectuant nos déplacements à pied ou à vélo dès que possible plutôt qu'en voiture – en privilégiant les circuits courts pour que l'argent circule en bas – en limitant notre usage du numérique pour diminuer notre impact environnemental – en organisant nos vacances de façon plus écologique et éthique – en plaçant notre argent dans des organismes socialement responsables – en œuvrant pour qu'une organisation pyramidale devienne moins pyramidale – en créant des entreprises coopératives qui partagent leurs bénéfices équitablement (les « SCOP »), etc. La liste n'est pas exhaustive ! Vous êtes la personne la mieux placée pour savoir par quoi vous pourriez commencer. C'est le premier pas le plus difficile, les autres se font naturellement petit à petit.

5 Mode de prise de décision présenté par l'Université du nous.