L'évolution structurelle de la société

La société humaine est englobée dans une immense méta-structure pyramidale. Elle nous est invisible car nous sommes pris dedans. Voici brièvement les événements qui ont fait advenir cette méta-structure : la forme pyramidale des entreprises et des institutions politiques a donné naissance à un processus de financiarisation de l'économie. Ce processus s'est développé à l'échelle planétaire du fait du développement des moyens de transports et de communications. Des entreprises se sont internationalisées. La rentabilité financière, qui était le critère pour évaluer sa santé d'une entreprise, est devenue l'objectif de l'entreprise. La recherche exacerbée de rentabilité financière par les actionnaires s'est ensuite généralisée à l'ensemble des consommateurs, ce qui a provoqué un processus structurel d'aspiration de l'argent vers le haut. Le développement de l'informatique a fini par permettre aux grandes banques et aux grosses entreprises internationales de supplanter les pouvoirs politiques. C'est pourquoi ces derniers sont maintenant incapables de corriger les règles économiques, quoi qu'ils en disent.

Le problème de la forme pyramidale, que l'on retrouve dans la majorité des organisations qui constituent la société humaine, c'est qu'elle hiérarchise les places. Celles du haut étant survalorisées et les personnes qui les occupent sont souvent admirées. Les critères de hiérarchisation sont divers, ça peut être une autorité qui s'impose, des notes, des échelons de carrières, des résultats sportifs, etc. Dans les organisations pyramidales, les places du haut sont valorisées par le discours et financièrement. Cela provoque chez de nombreuses personnes l'envie de monter dans la pyramide, mais structurellement il y a moins de places à l'échelon supérieur que de prétendants à y monter, ça créé une compétition sociale redoutable.

Depuis le temps que nous vivons dans des structures pyramidales, nous nous sommes habitués. Les postures de rivalité, pour passer en force, sont banalisées. De plus, comme nous avons souvent tendance à admirer ceux qui savent utiliser le langage et la posture de rivalité pour s'imposer, il leur est facile de nous piéger. Actuellement, un homme instruit et parlant bien peut aisément manipuler tout le monde pour ses intérêts personnels qui sont la plupart du temps masqués : un appât du gain, une envie de pouvoir, une envie de reconnaissance narcissique, une jouissance personnelle.   

La forme pyramidale des organisations est incompatible avec les idées de justice et de paix. La méta-structure sociétale n'est pas figée, elle est advenue et continue d'évoluer inexorablement. Nous sommes maintenant à un moment crucial de notre évolution car nous sommes face à un choix.

Si nous ne réglons pas les 2 problèmes structurels de la société (la forme pyramidale et le système déshumanisé) et si nous nous laissons emporter par le courant dominant « individualiste et jouissif », nous risquons d'arriver à une forme de société dans laquelle les inégalités augmenteront inexorablement. Schématiquement, c'est comme si les bords de la pyramide se resserraient en haut, faisant basculer de plus en plus de personnes dans la pauvreté. En extrapolant nous arriverons à une forme de société que nous appelons en « chapeau de Merlin » ce qui entrainera une augmentation inexorable de la violence... C'est ce qui nous motive à diffuser notre analyse et à donner des clefs pour que ce scénario ne se produise pas.


Heureusement il y a aussi dans la société actuelle un courant humaniste qui se développe, dans tous les domaines et à tous les niveaux. Certaines personnes ont créé un modèle de société qui est compatible avec les idées de justice et de paix. Ce modèle vient de la permaculture.


Chaque pétale représente un secteur d'activité, aucun n'étant survalorisé par rapport aux autres. Les auteurs de ce modèle ont placé en son cœur l'Ethique et les 3 principes de la permaculture qui sont : prendre soin de la Nature, prendre soin de l'Homme, partager les richesses. Ils pensent, tout comme nous, que c'est nous qui constituons la société. Ils l'indiquent par une flèche qui part du centre et qui signifie que chacun peut s'emparer des principes de la permaculture et modifier son comportement en conséquence, quelle que soit la place qu'il occupe dans la société : agriculteur, enseignant, avocat, artiste, homme politique, etc. Les auteurs parlent de « révolution douce ».

Mais nous ne sommes pas naïf, nous pensons que le plus dur est d'amorcer le changement. Du fait que nous avons tous vécu toute notre existence dans de multiples pyramides, nous devons nous déconditionner de stéréotypes de pensées, de peurs, de comportements qui se sont installés en nous et qui maintiennent en place cette méta-structure pyramidale et son système délétère. C'est possible en donnant de la puissance au courant humaniste qui contrarie le courant dominant. Ce courant humaniste exerce une force qui tend à redonner un sens à la vie autre que la recherche exacerbée de rentabilité financière. L'envie que tout le monde puisse vivre dignement de son activité professionnelle nous permet de remettre l'argent à sa juste place. Nous pouvons l'utiliser pour vivre et pour faire vivre ceux qui travaillent dans notre environnement social de proximité, ce qui désamorce le processus d'aspiration de l'argent vers le haut. Schématiquement cela revient à repousser les cotés du triangle vers l'extérieur et donc ça a tendance à aplatir la pyramide, ce qui nous conduit en extrapolant à une forme de société comme celle-ci.

Si nous veillons à ce que le pouvoir politique ne soit pas supplanté par des intérêts privés nous lui permettons de financer de véritables services publics et d'appliquer réellement son programme. Les élections reprennent alors tout leur sens et il nous revient d'élire des personnes qui incarnent les valeurs fondamentales de la permaculture.