Notre responsabilité individuelle

La société est un corps social constitué d'organisations sociales, elles-mêmes constituées d'individus. C'est donc nous, les humains, qui créons notre société. Il y a une communauté humaine qui doit faire société à l'échelle de la planète, puisque les moyens de transports et de communication se sont développés à cette échelle.

Il nous faut regarder lucidement la société humaine que nous avons fait advenir. Les organisations qui la constituent sont majoritairement de structure pyramidale, or cette forme pyramidale est incompatible avec les idées de justice et de paix parce qu'elle hiérarchise les places. Les personnes qui occupent les places du haut d'une pyramide ont des privilèges et elles sont souvent admirées. C'est pourquoi il y a un grand nombre de personnes qui veulent monter dans les pyramides sociales. Elles entrent donc en compétition sociale envers les autres, quitte à passer en force si nécessaire. La société humaine dans son ensemble est englobée maintenant dans une immense méta-structure pyramidale dont le critère de hiérarchisation est l'argent.  Cette immense pyramide est advenue du fait du développement planétaire de l'économie puis de sa financiarisation. La recherche exacerbée de rentabilité financière chez la grande majorité des humains, actionnaires, consommateurs, créateurs d'entreprises dans le numérique, a créé dans cette pyramide un processus structurel d'aspiration de l'argent vers le haut qui creuse inexorablement les inégalités de revenus.

Le contexte social, les organisations pyramidales dans lesquelles nous sommes impliqués (écoles, entreprises, associations, organisations nationales et internationales) ainsi que l'immense pyramide mondiale, nous poussent donc à prendre une posture relationnelle de rivalité envers les autres. Notre éducation a pu aussi nous transmettre ce mode relationnel de rivalité lors de nos premières expériences relationnelles et plus tard avec des  encouragements à nous imposer pour assurer notre ascension dans cette pyramide.

Nous avons tous vécu toute notre existence dans ce contexte social délétère et nous nous y sommes habitués en dépit de tout. Il est de notre responsabilité maintenant de prendre conscience que la forme pyramidale des organisations sociales nous est nocive... et qu'elle n'est pas une fatalité. Il existe un autre modèle d'organisation qui est compatible avec les idées de justice et de paix et il nous revient de s'en emparer. Ce modèle vient de la permaculture, il est fondé sur l'idée de notre interdépendance avec la nature et de notre interdépendance entre nous tous.

Nous sommes à un moment charnière de l'évolution de l'humanité et il nous revient à chacun de savoir ce que nous voulons faire pour que le progrès soit véritablement mis au service du bien commun et de la recherche du bien-être pour tous à l'échelle de la planète. En refusant d'entrer dans la compétition sociale et en prenant si nécessaire du recul par rapport à l'éducation que nous avons reçue, nous nous recentrons sur nos propres besoins, désirs et valeurs et nous sommes moins influencés par les messages de la publicité et des grands médias. Nous pouvons alors vivre en cohérence avec notre exigence de sens et notre exigence de paix, ce qui nous procure d'emblée du bien-être. Plus nous serons nombreux à faire cela, plus ça aura des effets sur les organisations sociales dans lesquelles nous sommes impliqués. En faisant diminuer le nombre d'organisations sociales pyramidales, nous nous donnons une chance d'avancer sur le chemin d'une communauté humaine plus juste et qui se pacifie.