Notre responsabilité individuelle

La société est un corps social constitué d'organisations sociales, elles-mêmes constituées d'individus. C'est donc nous, les humains, qui créons notre société. Le mot « société » est à entendre à l'échelle de la communauté humaine, puisque les moyens de transports et de communication se sont développés à l'échelle de la planète.

Nous avons fait advenir une société humaine de forme pyramidale qui est constituée d'organisations qui sont majoritairement elles aussi de forme pyramidale.

Or cette forme est incompatible avec les idées de justice et de paix parce qu'elle hiérarchise les places. A l'échelle de la pyramide sociétale c'est l'argent qui hiérarchise les places. Dans les organisations qui constituent la société humaine c'est la performance. Les personnes qui occupent les places en haut d'une organisation pyramidale ont des privilèges et elles sont souvent admirées. C'est pourquoi il y a un grand nombre de personnes qui veulent monter dans l'organisation. Elles entrent donc en compétition sociale et passent en force si nécessaire. Les relations de rivalité sont banalisées, nous pouvons le constater à l'école, au travail, dans les associations ainsi que dans les grandes organisations nationales et internationales. Ce contexte social est donc une incitation à la rivalité, mais il y a un autre facteur qui peut nous pousser à nous mettre en rivalité, c'est notre éducation. Nombreux sont ceux dont les parents avaient été eux-mêmes éduqués en ce sens. Nombreux sont ceux qui ont été encouragés à s'imposer par des parents qui s'inquiétaient pour leur avenir dans cette société très hiérarchisée.

Il est de notre responsabilité individuelle de comprendre qu'il n'y a pas d'avenir serein possible dans une société pyramidale. La société est un corps social vivant, la méta-structure pyramidale qui englobe toute la communauté humaine est advenue et elle continue d'évoluer. La question qui se pose à nous maintenant c'est de savoir dans quel sens nous voulons qu'elle évolue. Vers un durcissement de la compétition sociale ou vers un adoucissement, voire une suppression ? Il existe un  modèle d'organisation de société qui est compatible avec les idées de justice et de paix, basé sur l'idée de notre  interdépendance avec la Nature et notre  interdépendance entre tous. Ce modèle nous vient de la permaculture.

Partant de l'idée que c'est nous qui constituons la société, il nous revient à chacun de nous positionner face à l'alternative qui se présente à nous. Vouloir une société plus juste et plus pacifiée implique d'adopter un mode de vie qui ne porte préjudice à personne (autour de nous et à l'échelle de la planète) ainsi que de réussir à pacifier nos propres relations. Quand nous prenons cette nouvelle posture, nous accédons à une nouvelle perception de ce qui se passe autour de nous. Nous pouvons ressentir de la joie dans nos relations et quand nous sommes témoins d'une action qui  contribue à tendre collectivement vers ce modèle de société permaculturel. La joie, c'est l'émotion par excellence qui participe de ce qui nous rend heureux. Elle est impossible à ressentir au détriment de quelqu'un, fusse à l'autre bout de la planète puisque maintenant nous connaissons les conséquences de notre mode de vie sur les populations de certains pays. Car l'extraction forcenée des ressources naturelles et les désordres climatiques provoqués par l'activité humaine peuvent mettre des populations en danger.

En adoptant une posture respectueuse de la Nature et des Humains, nous rejoignons le courant que nous appelons « altruiste et bienveillant ». Ce courant se développe partout dans la société humaine, dans tous les pays, dans tous les domaines et à tous les niveaux. En constatant ces actions multiples nous pouvons nous surprendre à penser que le modèle de société permaculturel pourrait advenir.