Qu'est-ce que le système ?

Le mot « système » est souvent employé mais rarement défini. Pour notre part nous le définissons à partir de ce que la psychologie des groupes nous a appris : un groupe est constitué de la somme de ses membres + d'une dynamique collective qui dépasse chaque individu pris isolément.

Il en est de même pour toutes les organisations, quelle que soit leur taille : famille, entreprise, association, organisation nationales ou internationales. Il en est aussi de même pour la société humaine dans son ensemble, parce que les moyens de transports et de communication s'étant développés à l'échelle planétaire il y a bien une communauté humaine.

La dynamique collective est le reflet des comportements les plus répandus dans l'organisation. A l'échelle de la société humaine nous sommes majoritairement dans des postures relationnelles de rivalité et nous retrouvons cette rivalité dans la dynamique collective de la société. D'autre part nous adhérons massivement à l'idée qu'il faut que tout aille vite ainsi qu'à l'adage qui dit qu' «il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions ». Nous retrouvons cela aussi dans notre dynamique collective qui minimise les problèmes et se satisfait de solutions à court terme et/ou qui ne règlent les problèmes que partiellement, voire même qui peuvent être la source de problèmes ultérieurs.

La dynamique collective, en tant que dynamique produit quelque chose. Elle produit un système qui se développe pour lui-même à l'intérieur de l'organisation. C'est pareil à l'échelle de la société humaine, le système n'a qu'une logique d'expansion de lui même. C'est 'est de l'organisation pour l'organisation, des procédures pour les procédures, des lois pour les lois, indépendamment du sens et indépendamment du fait qu'elles soient appliquées ou pas. Exemple avec les procédures-qualité qui ont pour but d'améliorer la qualité du travail en permettant par exemple de ne rien oublier d'important. Mais quand nous devons passer trop de temps à répondre aux exigences de ces procédures et qu'ensuite nous travaillons dans la précipitation, nous ne pouvons plus faire un travail de qualité. La qualité nécessite de disposer du temps nécessaire, mais la logique du système n'a que faire de la véritable qualité. Les procédures s'ajoutent les unes aux autres, les lois aussi. Il faut que ça tourne, toujours plus vite et peu importe si ça ne tourne pas rond et ceux qui voudraient prendre du temps pour réfléchir sont taxés d'être des enquiquineurs.

Actuellement, nous sommes confrontés à l'emballement de ce système déshumanisé. Ce n'est pourtant pas une fatalité.

Remontons la chaine de cause à effet en partant du système. Nous passons par notre dynamique collective qui reflète et amplifie nos comportements les plus répandus. Remontons encore, nous arrivons à nos propres comportements individuels qui sont actuellement massivement des comportements de rivalité (rivalité souvent inconsciente et/ou masquée) et des comportements qui sur-valorisent le fait d'aller vite au détriment du sens et de la qualité. Ces tendances individuelles sont corrigibles car nous savons qu'elles ont été déterminées par notre éducation et par notre perméabilité aux discours dominants. Nous pouvons donc prendre de la distance, nous reconnecter massivement avec nos exigences fondamentales de sens, de justice et de paix. Nous pourrions ainsi retrouver ces mêmes qualités au niveau de notre dynamique collective. Nous pouvons alors raisonnablement penser que cela impacterait le système qu'elle produit. Nous pensons qu'il peut y avoir un système vertueux.

Le changement passe donc par un changement à notre propre niveau individuel. Nous pouvons entrer dans une dynamique de changement à partir du moment où nous comprenons pourquoi nous le faisons et ce que nous avons à y gagner. L'analyse de la société qui est diffusée sur ce site vise à cela.