Nos propositions

N'attendons pas que le changement vienne d'en haut !

Ces propositions d'action sont à mettre en rapport avec le processus structurel d'aspiration de la richesse vers les plus riches que nous décrivons dans notre analyse. Elles sont interdépendantes, chacun d'entre nous peut aborder son action par le biais qui lui convient le mieux : la consommation responsable, la coopération, la protection de l'environnement, les spectacles vivants, etc. .... car au final tout se rejoint lorsque nous sommes dans la démarche de construire une société plus juste et plus humaine. 

1ère proposition

Changeons nos comportements pour changer la société.

 

Il est facile de modifier progressivement nos comportements à partir du moment où nous comprenons pourquoi nous le faisons. Nos comportements d'achats par exemple peuvent favoriser les acteurs économiques locaux et indépendants qui vivent de leur travail. Il reste en France des petites industries à taille humaine, il y a encore des commerçants indépendants, les agriculteurs font de plus en plus de vente directe, etc.  Lorsque nous commençons à changer l'un de nos comportements, cela nous conduit à en changer d'autres. Peu importe par quoi nous commençons, ce n'est que notre porte d'entrée dans une dynamique de changement.
    
Conséquences :

Notre dynamique de changement nous permet de mettre nos actes en cohérence avec nos valeurs et nos désirs. Nous nous faisons plaisir en recherchant la qualité et la proximité avec les acteurs économiques tout en permettant  à ces derniers de vivre réellement de leur activité. Se faire plaisir tout en étant utile aux autres, voilà ce qui nous procure du bien-être. Voilà aussi pourquoi nous perdurons dans cette voie du changement.  Nous contribuons ainsi à affaiblir le processus structurel d'aspiration de l'argent vers les plus riches.

Cette approche, sectorielle, n'a de valeur qu'en tant qu'elle fait partie d'un tout. C'est pourquoi nous multiplions les propositions.

2ème proposition

Favorisons une croissance utile pour tous.

 

Faisons une place dans notre vie pour toutes les activités qui peuvent nous enrichir autrement qu'en accumulant de l'argent ou des biens de consommation. Prenons le temps de faire des choses au lieu de les acheter et récoltons la satisfaction de les avoir faites au mieux. Achetons des produits faits pour durer et réparables au lieu de céder à la mode et de rechercher toujours le moins cher. Travaillons en collaboration avec les autres au lieu d'entrer en compétition, enrichissons-nous de ce qu'ils peuvent nous apporter lorsque nous travaillons en confiance avec eux.

Conséquences :

En créant au lieu d'acheter, en faisant durer les objets, en collaborant avec les autres au lieu d'entrer dans la compétition sociale, en s'ouvrant à des loisirs dans lesquels nous sommes actifs, nous nous dégageons d'une évaluation de la richesse par la seule accumulation financière et matérielle. Nous nous enrichissons personnellement d'une nouvelle façon  tout en favorisant une croissance viable socialement, écologiquement et qui inclut la dimension du bien-être pour tous.    

3ème proposition

Communiquons pour que nos changements de comportements se généralisent.

 

Osons parler avec les autres de ce que nous voyons autour de nous et de ce que nous en pensons. Ecoutons ce que les autres nous disent à ce sujet.
Osons parler de nos actions, de nos changements de comportement et du bien-être que nous en ressentons.
Osons parler de l'effet boule de neige qui commence à opérer et que nous voulons renforcer afin d'impacter la société pour qu'elle devienne plus juste et plus humaine.

Conséquences :

En multipliant les occasions de parler avec les autres de notre propre dynamique de changement, nous constatons que nos valeurs et notre souhait d'une société plus juste et plus humaine sont partagés par beaucoup. Plus nous sommes nombreux à oser parler ouvertement de notre changement, plus nous renforçons la dynamique collective dans laquelle il s'inscrit.  Nous augmentons ainsi nos chances de sortir d'un modèle économique à bout de souffle.

4ème proposition

Acceptons de remettre en cause notre attachement à la maxime qui dit "Il faut vivre avec son temps".

 

Prenons conscience que le progrès technique et les innovations ne sont plus indispensables pour la survie de l'espèce humaine et qu'ils n'améliorent plus nos conditions de vie. Ils rapportent beaucoup d'argent à ceux qui en ont réservé les droits d'exploitation mais génèrent du stress chez nous : stress de ne pas arriver à faire fonctionner un appareil trop sophistiqué, stress quand "ça bugge", stress de ne pouvoir joindre quelqu'un immédiatement, stress de paraitre dépassé ou démodé, etc.

Conséquences :

Avec la prise de conscience des aspects potentiellement nocifs d'une évolution, nous regardons "les anciens" d'un oeil moins méprisant. Nous pouvons alors prendre le temps d'écouter ce qu'ils peuvent nous dire : on pouvait prendre le temps de faire les choses sans chercher toujours à aller au plus vite, on pouvait faire de la véritable qualité, on pouvait travailler avec plaisir. En fait tout est lié.  
Renouer avec les anciens permet de restaurer les liens intergénérationnels dans notre société. De ce fait, cela nous donne l'occasion de discuter de l'héritage qu'ils nous laissent et de constater que tout n'est pas à jeter.

5ème proposition

Acceptons une remise en cause partielle de notre modèle de développement occidental.

 

Osons reconnaitre que si notre société matérialiste et individualiste peut nous satisfaire, elle ne nous rend pas forcément heureux si l'on en juge par  nos dépenses pour notre santé. Le bonheur et la joie auxquels nous aspirons sont des sentiments partagés. Du fait de nos moyens de communication et de déplacements qui sont planétaires, c'est à cette échelle qu'il faut oser penser ce partage pour un bien-vivre ensemble. Réfléchissons donc à un socle de droits universels, acceptons d'en débattre avec des citoyens vivant dans des modèles de société différents. Nous verrons, entre autres, qu'ils ont su garder un savoir ancestral que la plupart d'entre nous ont perdu et que notre société (re)découvre après un long processus d'études scientifiques, notamment concernant l'interdépendance de l'espèce humaine et de la nature.

Conséquences :

En ouvrant un débat sur notre modèle de développement, nous mettons en oeuvre notre réflexion et notre capacité à parler. Réfléchir et parler sont déjà des actions. Réfléchir est une action mentale, parler est une action sociale. Mettre nos comportements en adéquation avec notre pensée est une action concrète qui donne du sens à notre vie et contribue ainsi à notre bonheur. D'autre part, en faisant cela nous donnons un signal fort aux pays émergents qui seraient tentés de reproduire notre modèle de développement actuel.