Nos points de vue

La grille de lecture présentée sur ce site donne un regard nouveau sur ce qui se passe autour de nous (nos relations), en France et dans le monde. Nous pensons que beaucoup de choses vont mal à cause de la conjonction de deux facteurs délétères depuis plusieurs décennies. Un facteur psychologique provenant de notre éducation (nombre d'entre nous ont pu être conditionnés à la rivalité) et un facteur social (provenant de la structure pyramidale de nos organisations sociales).

Depuis les années 80, la rivalité et les structures pyramidales se sont répandues à grande échelle et à grande vitesse ce qui a abouti à l'apparition d'une immense structure pyramidale qui englobe l'humanité. L'argent y est un critère majeur de hiérarchisation des places et des personnes. Les plus riches étant la plupart du temps admirés tandis que les plus pauvres sont plaints dans le meilleur des cas, ou rendus responsables leur situation dans le pire des cas.

Entre ce niveau global du monde et notre niveau individuel, il y a celui des organisations sociales (familles, écoles, entreprises, organismes de gouvernance, etc.). Puisque c'est nous qui les constituons et qui les faisons vivre, c'est nous qui pouvons agir de l'intérieur pour qu'elles deviennent moins pyramidales, voire non-pyramidales.

Notre déconditionnement de la rivalité et le changement concomitant de la structure des organisations sociales pourrait permettre la déconstruction progressive de l'immense structure pyramidale dans laquelle le monde est emprisonné.

À partir de cette grille de lecture, nous voulons maintenant contribuer aux multiples débats citoyens qui s'ouvrent sur tous les sujets. Vous trouverez ci-dessous nos "Points de vue" concernant différentes questions d'actualité. Nous les abordons avec la double approche globale-individuelle, néanmoins nous n'y développons pas les fondamentaux de notre grille de lecture lorsque nous nous y référons (ça alourdirait trop notre contribution). Ils sont listés ci-dessous et vous pouvez en prendre connaissance en vous référant aux pages du livre indiquées (Cf. PDF du livre).  

- La remise en cause de la structure pyramidale qui englobe toute l'humanité ainsi que ses deux caractéristiques : le processus d'aspiration de l'argent vers le haut et le fait que des Grands groupes d'intérêts privés ont supplanté les pouvoirs politiques nationaux (pages 27 à 33 - 53 à 61 - 76 à 78).

- La remise en cause de la posture relationnelle de rivalité et de sa banalisation (pages 13 à 1517 à 2439 à 44).

- Notre atout pour opérer le changement nécessaire afin d'aller vers plus de justice et de paix : la présence de nos quatre exigences fondamentales (de sens, justice, paix et amour), présentes en nous tous dès l'enfance (pages 24 à 26).

Nous pouvons être optimistes parce qu'il y a des alternatives à la structure pyramidale et à la rivalité. Nous sommes légitimes à vouloir une société qui permette à chacun de vivre en sécurité et en gagnant sa vie dignement, sans dépendre des aides sociales, ni de la générosité des autres.

Nous vous souhaitons bonne lecture et bonne réflexion !

Le collectif.

L'après Covid-19 – Capitalisme – France – Europe

(publié le 23 mai 2020)

Nos gouvernants ont exprimé leur volonté de tirer les leçons de la pandémie, affirmant que rien ne sera comme avant.

Nous (Les Français, les Européens) devons choisir une voie différente de celle que nous avons suivie jusque là, car la banalisation les transports à l'échelle planétaire nous fait courir le risque d'une autre future pandémie. Le capitalisme se nourrit de ces échanges planétaires et le progrès technique est mis au service de leur accélération. D'autre part, avec le Covid-19 le modèle capitaliste s'est montré sous son véritable jour. Les spéculations sur le matériel indispensable pour lutter contre le Covid-19 sont légales, la loi du plus offrant a fait que des commandes de matériel ont été détournées. Adam Smith (réputé être le père du capitalisme) affirmait que la "concurrence libre et non faussée" était la seule voie capable d'apporter le bien-être, chacun rivalisant avec son voisin pour produire les biens et les services les meilleurs et au moindre prix. L'idéologie sous-jacente à cette théorie est que l'humain serait bon par nature, comme l'affirmait Rousseau au XVIIIe siècle1. Force est de constater que ça se révèle inexact, c'est même le contraire qui est apparu au grand jour. Le capitalisme est devenu "la guerre de tous contre tous". Cette expression vient de Hobbes qui, un siècle avant Rousseau, affirmait que "L'homme est un loup pour l'homme". Le capitalisme se révèle donc incapable d'assurer le bien-être pour tous.

Le capitalisme s'étant malgré tout mondialisé, la rivalité économique entre les nations a conduit des pays dits "communistes" à entrer dans la dynamique capitaliste tout en conservant leur régime politique autoritaire. L'alliance capitalisme-autoritarisme est aussi à l'œuvre dans des pays ayant un gouvernement populiste. Dans ces régimes autoritaires (communistes et populistes) la liberté individuelle ne concerne que l'activité d'enrichissement. Leurs citoyens sont libres de s'enrichir comme ils veulent et tant qu'ils veulent à condition de ne pas critiquer le pouvoir en place. Quant aux autres libertés individuelles, elles sont totalement bafouées. La parole des citoyens est muselée, la reconnaissance de tout particularisme est rejetée. Les minorités, quelles qu'elles soient (d'origine, religieuses, intellectuelles, d'orientation sexuelle, etc.) sont discriminées voire réprimées.

Enfin, les régimes restés soit disant fidèles à l'idéologie communiste ne sont pas entrés dans la dynamique capitaliste mais se sont enfermés sur eux-mêmes et ont conservé un régime autoritaire. Leur idéologie sous-jacente est que les hommes seraient fondamentalement mauvais (Hobbes), ce qui justifie que l'État les contrôle. Les libertés individuelles seraient incompatibles avec l'intérêt collectif dont l'État est le garant. Force est de constater qu'il y a là un vice de raisonnement. Si les humains sont par nature mauvais, il est dangereux pour un peuple d'être contrôlé par des humains. Ce type de régime échoue lui aussi à faire accéder sa population au bien-être.

Nous (Les Français, les Européens) pouvons ouvrir une voie alternative à ces trois grands modèles. Nous sommes légitimes à ne plus vouloir du capitalisme, d'autant plus qu'il se nourrit d'une sur-consommation irraisonnée et intenable écologiquement. Et nous sommes aussi légitimes à ne pas vouloir d'un régime autoritaire.

La résolution de la controverse sur la nature des humains, bonne ou mauvaise, consiste à prendre conscience que l'humain est porteur à la fois du bon et du mauvais. À partir de là, nous pouvons nous appuyer sur ce qui est bon en nous et apprendre à contenir, maîtriser, ce qui est mauvais en nous.

Nous avons tous en nous quatre exigences fondamentales qui peuvent nous guider.


Sens
Justice
Paix
Amour

Quant au mauvais en nous, c'est notre ego. C'est lui qui nous piège dans une posture de rivalité avec les autres. De plus la rivalité est pourvoyeuse de jouissance ce qui explique qu'il est parfois difficile d'en sortir. Néanmoins c'est toujours possible et il n'est jamais trop tard. Nous y gagnons quelque chose qui n'a pas de prix, l'accès à la joie. La joie c'est l'émotion par excellence qui participe de ce qui nous rend heureux. Elle est impossible à ressentir au détriment de quelqu'un, donc impossible à ressentir dans un mode relationnel de rivalité (dans lequel il y a toujours un dominé) et impossible à ressentir quand notre réussite sociale est faite au détriment de d'autres personnes.

Nous avons à prendre des mesures visant à engager une véritable transition économique et politique. C'est aux personnes étant aux commandes du pays d'y réfléchir. Nous devons néanmoins affirmer haut et fort ce que nous souhaitons. Il existe un modèle d'organisation sociale compatible avec les idées de justice et de paix. Il a été inventé par deux Australiens dans les années 70 et peut se décliner à toutes les échelles, y compris à l'échelle de la société.

Dans ce modèle en forme de fleur, les parties constituantes de la société sont reconnues comme étant d'égale importance, chacune étant placée dans un pétale de la fleur. Les compétences des humains ne sont donc pas hiérarchisées, ni les humains eux-mêmes. Le Covid-19 et le confinement ont eu le mérite d'avoir mis en évidence le besoin crucial des métiers dits "petits" pour assurer la survie de tous. Le modèle ci-dessus est aussi un modèle respectueux de la nature, donc viable écologiquement sur le long terme.

C'est un modèle dans lequel les compétences et les personnes ne sont pas hiérarchisées. Le Covid-19 a mis en évidence le besoin crucial des métiers dits "petits" pour assurer la survie de tous. Le modèle ci-dessus illustre cette égalité entre tous les domaines de compétence d'une société. C'est aussi un modèle respectueux de la nature, donc viable écologiquement sur le long terme.

Il existe peut-être d'autres modèles intéressants, il faudrait alors les faire connaître, en discuter et s'en inspirer pour avancer sur la voie qui pourrait nous mener à une nouvelle forme d'organisation sociale. Une organisation qui nous incitera à faire vivre nos quatre exigences fondamentales au travers de nos actes et qui privilégiera l'être et non plus le paraitre. L'ego n'y sera pas au premier plan (comme actuellement) et donc nous prendrons plus facilement des décisions allant vers le bien commun. Celui-ci conditionne notre bien-être individuel, car il est impossible d'être véritablement heureux dans un monde fondamentalement injuste comme le monde actuel.

Serons-nous capables de voir dans le Covid-19 une alerte, un avertissement, nous permettant de changer radicalement notre trajectoire collective ? La France et l'Europe pourraient-elles ouvrir cette nouvelle voie ? Sommes-nous prêts ? Pouvons-nous envisager de défendre un nouveau modèle face à des pays qui continuent d'adhérer au capitalisme ? Cette pandémie renforce l' engagement des personnes déjà convaincues de la nécessité d'un changement de modèle. Espérons qu'elle permette aussi à de nouvelles personnes d'en prendre conscience puis d'agir à leur tour.

Le collectif.

1 Les dix millénaires oubliés qui ont fait l'histoire de Jean-Paul Demoule Ed Fayard – février 2019 – Chapitre 7 Qui a inventé la guerre (et les massacres) ?

Covid-19

(publié le 21 avril 2020, le confinement venant d'être prolongé jusqu'au 11 mai )

Le Covid19 nous oblige à nous mobiliser collectivement, à accepter des limitations parce que ça a du sens. Cette acceptation signifie que l'intérêt collectif prime sur nos libertés individuelles (circuler, consommer, sur-consommer, travailler, etc.). Notre empathie pour les personnes qui développent une détresse respiratoire (98 % des patients infectés par le Covid19 s'en sortent au final et sans séquelles1) fait que nous voulons qu'elles puissent être soignées au mieux avec les moyens du moment. Même si nous n'oublions pas que les gouvernements successifs n'ont fait qu'affaiblir les services publics, dont les hôpitaux (fermeture de lits, recherche de rentabilité financière, etc.).

L'heure du bilan viendra. Nous pourrons discuter le temps venu de la façon dont les médias ont "couvert" le Covid19, de la façon dont le gouvernement a pris ses décisions, etc.

Que pourrait-il se passer une fois la pandémie derrière nous ? Pourrions-nous prendre conscience que nos (trop) nombreux déplacements et transports de marchandises d'un pays à l'autre ont favorisé son développement mondial ? Pourrions-nous prendre conscience que la recherche de rentabilité financière des actionnaires et des consommateurs y est pour quelque chose, ainsi que notre désir de sur-consommation ? Pourrions-nous prendre conscience que le capitalisme qui prône l'accumulation de capitaux et se nourrit de la sur-consommation nous est préjudiciable ? Si oui, nous pourrions aussi prendre conscience que nous ne sommes pas obligés de nous conformer aux attentes du capitalisme et même qu'il faudrait changer de modèle de société.

D'ores et déjà nous pouvons voir quelque chose de très encourageant dans nos réactions face au Covid19. La grande disproportion entre d'un côté une solidarité formidable et massive et d'un autre coté les quelques personnes qui ont abusé (et abusent encore) de la situation pour en tirer profit. Nous pensons que si la majorité d'entre nous s'est inscrite dans une démarche solidaire (chacun à sa façon et à son échelle), c'est parce que nous avons tous en nous quatre exigences fondamentales : de sens, de justice, de paix et d'amour. Nous les avions peut-être un peu oubliées pour certains d'entre nous mais le Covid19, en sollicitant notre empathie vis à vis des personnes malades, des soignants et des personnes continuant à travailler pour nos besoins essentiels, les a remises au premier plan.

Grâce à elles, nous pourrions développer, à coté du capitalisme, une économie plus saine, plus locale et plus humaine. Elle pourrait gagner du terrain et convaincre des adeptes du capitalisme qui comprendront qu'en lâchant prise au niveau de la compétition sociale et de la rivalité ils y gagnent quelque chose qui n'a pas de prix, la joie. La joie est l'émotion par excellence qui participe de ce qui nous rend heureux, elle est impossible à ressentir au détriment de quelqu'un, donc impossible à ressentir dans une relation de rivalité (car il y a toujours un dominé) et impossible à ressentir dans le cadre d'une réussite sociale faite au détriment des autres.

Le Covid19 nous donne l'opportunité de décider quel type d'économie, quel type de relations humaines et quel type de structure de société nous voulons développer. Nous nous sentons mieux quand nous agissons pour que les humains accèdent à ce que nous appelons le bien-être universel, que nous avons défini ainsi :

Il ne s'agit pas de "renverser la table" mais de la dresser différemment grâce aux quatre exigences fondamentales qui existent en chacun de nous : rajoutons des rallonges au fur et à mesure de nos avancées pour y accueillir de plus en plus de personnes, servons-y des mets savoureux, naturels en quantité juste suffisante, débarrassons la table ensemble et préparons ensemble le repas suivant avec une rallonge de plus....

Le collectif

1 Article du Parisien.fr du 20 mars 2020

Ponts – Règles de sécurité – Entretien

(publié le 03 avril 2020, suite à l'effondrement du pont de Mirepoix sur Tarn en novembre 2019)

L'effondrement de ponts se répète et risque de continuer de se répéter. Identifions les multiples facteurs pouvant faire effondrer un pont afin de se donner des chances d'écarter ce risque.

Les règles de limitation en terme de tonnage sont souvent transgressées. C'est vrai pour toutes les règles et il y a plusieurs raisons à cela :

- Deux raisons psychologiques. D'une part, la transgression d'une règle est parfois une façon de se prouver quelque chose à soi-même (et aux autres parfois), d'autre part nous sommes devenus intolérants à la contrainte.    

- Une raison économique. Respecter une contrainte prend du temps or, dans notre modèle de société actuel, le temps c'est de l'argent. Certaines personnes sont obligées de se presser pour gagner leur vie, d'autres se pressent ou pressent leur employés pour accumuler toujours plus d'argent.

En ce qui concerne plus spécifiquement les règles de sécurité pour les ponts :

Les GPS pour les poids lourds sont censés tenir compte du tonnage du camion et des limitations des infrastructures, ce qui implique leur mise à jour en temps réel. En cas de non mise à jour, le chauffeur pourrait se retrouver face à une contradiction entre l'indication de son GPS et celle indiquée à l'entrée d'un pont (contrainte et perte de temps non assumées = prise de risque).  
De nombreux camions n'ont pas de GPS adaptés car cela représente un coût. Certaines entreprises ne peuvent pas l'assumer, d'autres ne le veulent pas.

Concernant l'entretien des ponts :

L'entretien des ponts a un coût. L'État a transféré progressivement cette responsabilité aux collectivités locales tout en diminuant ses dotations1. L'État manque d'argent, c'est la conséquence du fonctionnement de la méta-structure sociétale actuelle.

Nous pouvons modifier cette méta-structure en arrêtant d'alimenter son processus interne d'aspiration de l'argent vers les intérêts privés. L'argent, ne s'évaporant plus vers le haut, serait disponible pour alimenter l'économie réelle au profit de tous et une part de cet argent reviendrait aux gouvernements. Ils auraient alors les moyens financiers d'entretenir les ponts (et autres infrastructures). Quoi qu'il en soit, cela ne nous dispensera jamais de respecter les règles de limitation.

Notre responsabilité :

La transgression des règles de sécurité est actuellement banalisée, sans doute parce qu'il n'y a pas un accident à chaque fois. Cela peut nous faire oublier le risque et le fait que chaque transgression, en fragilisant le pont, prépare un accident futur. Il est impossible et non souhaitable de mettre un gendarme derrière chaque citoyen, il revient donc à chacun de se responsabiliser.

Le collectif

1 Article "Entretien des routes : une nécessité" – altersecurite.org – 15 novembre 2018